Après avoir vu son match reporté par la pluie, Rafaël Nadal s'est qualifié pour sa première demi-finale à Wimbledon en éliminant Jarkko Nieminen. L'Espagnol rejoint Marcos Baghdatis, qualifié la veille, qui jouera, lui aussi, pour sa 2e finale de Grand Chelem de la saison après l'Open d'Australie.
La question a changé de nature. On ne se demande plus si Rafael Nadal a réussi sa mutation sur gazon. On est en droit de se poser la question de savoir si le double vainqueur de Roland-Garros pourra se frayer un chemin vers Federer et l'inquiéter sur sa surface fétiche. Après la nouvelle démonstration de l'Espagnol sur l'herbe anglaise face à Nieminen, répondre par l'affirmatif brûle les lèvres.
Battu en trois manches, sans contestation possible, le Finlandais pourra s'en vouloir à lui-même de ne pas être arrivé à jouer davantage vers l'avant. La faute au jeu agressif de Nadal, qui pousse ses adversaires en fond de court dès qu'il en a l'occasion. Si sa défense est beaucoup moins efficace que sur terre battue, faute de pouvoir glisser sur herbe, l'Espagnol a trouvé la parade : frapper encore plus fort. Si son service lui a facilité la tâche avec 30 points directs, cela s'est révélé plus difficile à l'échange avec beaucoup de déchets, à l'image de ses 27 fautes directes.
"Le roi de l'herbe, c'est Roger"
Après avoir frôlé l'élimination face à ce même joueur à Barcelone cette saison, Nadal n'a pas semblé être inquiété par Nieminen sur gazon. Tout comme ses autres adversaires Agassi, Labadze et Bogdanovic qui n'ont pas réussi à lui prendre un set. Il faut donc féliciter l'Américain Robert Kendrick, qui lui a enlevé deux sets au 2e tour, avant de perdre de cinq. Cette expérience a fait son bonhomme de chemin dans la tête de l'Ibérique qui, depuis cette mésaventure, sait mieux gérer son jeu.
C'est donc presque "naturellement" que Nadal rejoint les demi-finales pour affronter le finaliste de l'Open d'Australie, Marcos Baghdatis, les deux hommes jouant avec la même idée en tête : affronter Federer dans leur 2e finale de tournoi du Grand Chelem de l'année. "C'est un rêve pour moi, avoue Nadal. Ce sera difficile contre Baghdatis. Il a gagné un très bon match contre Hewitt et il est en confiance. Mais le roi de l'herbe, c'est Roger." S'il passe Baghdatis et met fin à la longévité sur herbe de Federer, Rafael suppléerait Bjorn Borg, seul joueur à avoir remporté la même année Roland-Garros et Wimbledon.
Sampras vote Federer
Le septuple vainqueur de Wimbledon, l'Américain Pete Sampras, table sur une victoire du Suisse Roger Federer face à l'Espagnol Rafael Nadal dimanche en finale du prestigieux tournoi sur gazon.
L'Américain de 34 ans, qui a remporté 14 titres du Grand Chelem, un record, estime que "Roger est presque imbattable sur gazon, presque imbattable n'importe où, à l'exception de la terre battue contre Nadal". "Roger et lui vont poursuivre leur route jusqu'à la finale, a-t-il prévenu. Nadal se battra bien et dur face à lui mais je ne le vois pas prendre le dessus", a indiqué l'ancien numéro 1 mondial.